Tshibala “Autorité Morale”: Du kabilisme à l’UDPS

Bruno Tshibala, Président, puisAutorité morale de l'aile dissidente de l'UDPS.

Quand il se fait élire président de l’aile dissidente de l’UDPS, les voix se sont levées pour demander la démission de Bruno Tshibala de la primature arguant la violation flagrante de l’article 97 de la Constitution. Pour conserver son fauteuil, comme cela est de coutume à la MP, il se bombarde “Autorité morale” du parti.

Dans un acte pris le 14 décembre 2017, sur papier en-tête du président de l’UDPS (encore!), Bruno Tshibala s’est rafistolé un rôle moins encombrant pour conserver son strapontin de Premier ministre. “Le président élu par le Congrès Extraordinaire devient l’Autorité Morale du parti, en conformité avec l’article 97 al 2 de la constitution”, dit-il maladroitement.

“Autorité morale”? Néologisme emprunté au kabilisme! Expression sortie des entrailles de la Majorité Présidentielle pour conférer au président Joseph Kabila un “supra-pouvoir” sur les animateurs et les partis politiques de son regroupement. Il peut ainsi décider, selon son bon vouloir, du sort de tous et de tout un chacun. Pouvoir assimilé à celui de l’autorité parentale sur la personne et les biens de leur enfant mineur et non émancipé. Chaque fois que le président d’un parti politique fait son entrée au gouvernement, pour ne pas en perdre le contrôle, il s’affuble la qualité d’Autorité morale. Il pourra alors continuer à siéger au bureau politique de la majorité, sanctuaire du partage de gâteau et de prise de grandes orientations.

“De Président élu par le congrès à  autorité morale, il y a une seule constance: immoralité politique. Tout simplement triste”, ironise Claudel Lubaya.

En empruntant les expressions caractéristiques de la Majorité Présidentielle, Bruno Tshibala n’est-il pas devenu l’un d’eux? Qui se ressemblent s’assemblent, dit-on. Les partis de l’opposition n’ont pas d’autorité morale. Sauf, l’UDPS de Tshibala. Tshibala pousse le comble jusqu’à nommer un… président délégué, Tharcisse Loseke Nembalemba. Une autre flagrance. Les statuts de l’UDPS, dont il prétend connaitre comme sa poche, ne prévoit pas ce cas de figure.

La Haute Cour a du pain sur la planche…

Le procureur général va-t-il se saisir du dossier et l’instruire? Quelle lecture fera la Cour Constitutionnelle des actes posés? Dans un pays dont la justice a deux vitesses, les cours et tribunaux font preuve d’un remarquable laxisme quand les délinquants sont des gouvernants.

Bruno Tshibala ne devra-t-il pas démissionner de son poste de Premier ministre même après avoir renoncé à la fonction qu’il a publiquement accepté de président de l’UDPS? Le repentir actif mais tardif n’enlève rien à la peine, soutiennent les juristes. fait grave, il a  posé des actes en cette qualité. Pour s’en convaincre, la décision N°002/PRES/UDPS/DU14/12/2017 porte sa signature. «Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat électif mais aussi incompatibles avec toute responsabilité au sein d’un parti politique», dit l’article 97 alinéa 2 de la constitution.

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