RDC: Quand l’église Catholique éternue, tout le pays est enrhumé

Au centre le Cardinal Laurant Monsengwo Pasinya et les éveques du Congo à Kinshasa lors de la premiére célébration du cardinal devant les fidèles catholique. Radio Okapi / Photo John Bompengo

Succès sans pareil, au premier jour de l’opération “cloche” de l’Eglise Catholique. A 21 heures, dans un tintamarre indescriptible, les cloches des paroisses de l’église catholique de Kinshasa ont sonné mêlé à un concert de casseroles, sifflets et autres klaxons, etc.  pour exiger l’application intégrale de l’accord de la Saint-Sylvestre du 31 décembre 2017. Les prêtres n’avaient que leur “voix pour parler” et leurs ouailles ont suivi. Comme leur maitre, Jésus-Christ, ils connaissent leurs brebis et celles-ci entendent leur voix et les suivent.

A partir du 14 décembre, la  Conférence épiscopale nationale du Congo a demandé aux églises de faire sonner les cloches à 18 et 21 heures, tous les jeudis pour réclamer le respect des accords du 31 décembre de l’année dernière. Cette première réussite préfigure la suite. A ce sujet, un laïc confie: “Le pouvoir a  intérêt à rectifier le tir pendant qu’il est encore temps. Tous ceux qui ont engagé un bras de fer avec l’église catholique n’en sortent jamais vainqueurs. Le jour où nos évêques vont nous demander d’envahir le Palais de la Nation, nous le feront.”

L’église catholique, la importante des églises de la RD-Congo, compte les fideles les plus engagés et les plus disciplinés. Elle représente une puissance capable de déclencher une révolution. C’est l’église de Kinshasa qui a lancé l’opération “cloche”. Et pourtant, dans certaines contrées du pays, le message a été suivi.

Aucun débat sans l’église

Influente et mieux structurée, l’église catholique de la RDC joue un rôle prépondérant sur la scène politique depuis l’époque coloniale. Aujourd’hui encore, elle est à l’avant plan dans tous les débats. Si, elle ne s’y invite pas, elle y est alors invitée. Elle désamorce certaines crises, elle prévient aussi les dérives du pouvoir. Au Congo, difficile de faire la politique sans elle. Avec raison. Les deux hymnes nationaux, que le pays a connu, ont été composés par un prêtre catholique. Elle a milité pour l’indépendance, elle a pansé les plaies pendant les différentes rebellions, elle a construit des hôpitaux, de bonnes écoles et dispensé la meilleure formation à l’élite congolaise, elle assiste les démunis, etc.

Présente sur toute l’étendue de la république, dans tous les coins, recoins, jusque dans des trous perdus, rien ne peut se faire sans cette église. Les Congolais, dans leur majorité, sont catholiques. Des chrétiens à l’écoute de leurs bergers, des chrétiens aux ordres.

Les prélats ont déjà prévenus: “Des manifestations plus indicatives et déterminantes devraient  être organisées plus tard.” Message à prendre au sérieux et qui pourrait sonner le glas de Kabila.

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