RDC: Enième tour de vis de Kabila: étouffer l’opposition

“La RDC. Est-ce la République Démocratique du Congo ou tout simplement, la République Dictatoriale du Congo?”, s’interroge un Kinois. “Alors que la Constitution de la République garantit la liberté d’expression, le droit de manifester et limite la durée du mandat du président de la République, un groupe des gens se permet de les fouler au pied”, poursuit-il.

D’une manifestation à une autre

Article 26 de la Constitution dispose: “Toute manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente.” Mais une manifestation s’est tenue à Kinshasa le 27 novembre dernier sans que les autorités en soient informées et curieusement, elle était encadrée par la police. Sur un ton ironique, le patron de la diplomatie belge, Didier Reynder en a fait le constat lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade de Belgique: “J’ai constaté ce matin que toutes les manifestations n’étaient pas interdites.”(sic)

Une cinquantaine de personnes manifestait à la cérémonie pour exiger «la justice au sujet de l’assassinat de Patrice Lumumba», premier ministre congolais, assassiné en 1961. “Belgique assassin… Belgique Assassin”, criaient-ils.

Aucun manifestant n’a été arrêté ni embarqué dans une jeep de police pour une manifestation dont l’autorité prétend n’avoir reçu aucune demande.

Mais la manifestation du Rassemblement de l’opposition du 30 novembre n’a pas été autorisée et la police a été déployée à travers tout le pays pour contrer une éventuelle tentative.

Malgré cette interdiction, les villes se sont mobilisées pour demander le départ du pouvoir, le 31 décembre, du président Joseph Kabila qui aurait dû quitter la présidence de la République  en décembre 2016 mais faute d’élections, il s’y accroche.

Des arrestations signalées

D’une ville à une autre, la police nationale congolaise  s’est évertuée dans l’interpellation des manifestants. Kinshasa, la capitale, avait les allures d’une ville morte. Le président du Rassemblement a été empêché par la police de descendre dans la rue. Son domicile a été barricadé par la police. Sur le campus de l’Université de Kinshasa, des coups de feu ont été entendus entre  7 et 8 heures pour contraindre les étudiants à ne pas manifester. Des opposants Martin Fayulu, Bertrand Ewanga et Jean-Marc Kabund ont même été interpelés.

A Kalemie, six membres du Rassemblement de l’opposition ont été arrêtés. A Kindu, dans le Maniema, quelques militants du mouvement citoyen Lucha ont bravé les forces de l’ordre et ont, finalement, été arrêtés. Dans le Kasaï Oriental, à Mbuji-Mayi, le coordonnateur du Rassemblement a été mis en garde à vue  à l’inspection provinciale de la police. Des membres de la LUCHA ont aussi été arrêtés dans la même ville. A Kananga, dans le Kasaï Central, la police a réprimé violement les manifestants descendus dans la rue pour exiger le départ du président Joseph Kabila le 31 décembre 2017 et le rejet de la loi électorale en examen à l’Assemblée nationale.

A Lubumbashi, des échauffourées ont été signalées dans le quartier chaud de Matshipisha et à Kalebuka. Trois minibus de transport en commun ont été brulés dans la commune de la Kenya.

Au Nord-Kivu, la police a été déployée dans les quartiers chauds de Goma pour dissuader les manifestants. Malgré tout, quelques jeunes ont réussi à  barricader les routes avec des pierres tout en brulant des pneus brulés. La police a tiré à balles réelles pour les disperser. A Beni, des militants de la LUCHA ont été arrêtés, à Beni et bien d’autres à Kasindi, à la frontalière avec l’Ouganda.

A Bukavu, dans le Sud-Kivu, des femmes sont descendues dans la rue pour la manifestation. Elles ont été dispersées. Des blessés ont été aussi signalés dans la commune d’Ibanda. A Uvira, une personne a été blessée par balle.

Par Leila Mariama

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