RDC: Christian Mwando épilogue sur la manifestation des députés de l’opposition

Christian Mwando Kabulo, député national, président national de l'UNADEF et Vice-président du G7

Christian Mwando est député national et vice-président de la plateforme G7. Il parle sur les motivations profondes de la manifestation des députés nationaux devant le sénat ce 11 décembre: Amener le sénat à rejeter le projet de loi venu de l’Assemblée nationale.

Pourquoi cette marche des députés de l’opposition?

C’est une marche que nous avions voulu symbolique à l’occasion de l’ouverture du débat sur la loi électorale au niveau du sénat. Ce projet de loi est passé sans consensus au niveau de l’Assemblée nationale et en l’absence  de l’opposition. Pour une loi aussi importante, ce n’était pas possible qu’il n’y ait pas de consensus. Mais la majorité présidentielle a fait un passage en force, en imposant le seuil de 1% et une caution extrêmement élevée parce que nous payions la caution plus ou moins 500$ par liste, mais aujourd’hui, ils veulent l’élever à  1000 $ par personne sur la liste. Dans une province, où dans une ville comme ma circonscription électorale de Lubumbashi, où c’est prévu aux prochaines élections, d’avoir plus ou moins 16 élus ou 16 personnes par liste. Donc un parti devra débourser 16.000 $ à raison de  1000 $ par personne sans battre campagne.

Même sous d’autres cieux, le seuil est permis…

On l’a contesté parce que ça équivaudrait à vouloir faire une démocratie des riches. La majorité présidentielle entend payer ses frais des dépôts des candidatures avec l’argent  du trésor publique. Ils sont aux affaires. C’est une manière d’exclure une grande partie de la population. Ce qui est une violation de la constitution.

La machine à voter n’est donc pas le problème?

Pourquoi pas? Elle constitue un sérieux problème. Une machine jamais expérimentée et qu’on veut imposer en plein processus électoral. On a déjà commencé avec l’enrôlement. On ne peut pas changer les règles du jeu et tant que le jeu est en cours. C’est contre la charte de l’Union africaine qui interdit qu’on change les lois électorale ou la constitution pendant le processus électoral. Voilà le message transmis au sénat. En 2015, le sénat avait déjà sauvé la démocratie dans notre pays et l’Assemblée était obligée de revenir sur sa décision.

Qu’attendez-vous du sénat?

Nous attendons du sénat qu’il réédite l’exploit de 2015 et qu’on revienne à la loi existante. Dans cette loi, on voulait qu’on élague simplement ce qui a été ajouté en  2015. C’est-à-dire, au lieu de calculer le nombre des sièges sur base de la population, il fallait juste changer pour dire que le nombre des sièges sera calculé sur base du nombre d’enrôlés. Mais la tentative de tricher est très forte, on veut nous retourner au parti unique en éliminant certains partis sans ressources financières et en voulant confirmer la tricherie par la machine à voter.

Etes-vous sur que votre cause sera entendue?

Etre sûr, non. On l’espère. Généralement, le sénat est plus serein que l’assemblée nationale. Mais, on pense aussi que la mouvance présidentielle va tenter de refaire un passage en force parce que même si le sénat examine la loi, c’est l’assemblée nationale qui aura le dessus. En ce moment là, nous serons obligés de passer à des actions de rues plus populaire et  plus larges.

© La reproduction, même partielle, de nos articles strictement interdite sans l'autorisation préalablement écrite de la rédaction.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here