Monsengwo sur la radio Vatican: “Que les gens qui sont capables de gouverner puissent gouverner le pays”

En République Démocratique du Congo, le gouvernement a félicité ce mercredi 3 janvier,  les forces de police et de sécurité  qui sur l’ensemble du territoire national ont respecté le mot d’ordre de rigueur et de fermeté dans la gestion des marches du 31 décembre 2017. Des déclarations 3 jours après l’interdiction de célébrer la messe dans de nombreuses paroisses et surtout la répression dans le sang des manifestations à l’appel des catholiques laïcs de Kinshasa pour demander le départ du président Kabila. L’église congolaise est encore sous le choc L’archevêque de Kinshasa, le cardinal Laurent Monsengwo, a souhaité s’exprimer pour dénoncer une barbarie.

Monsengwo: C’est du jamais vu. Ils sont entrés dans nos paroisses, y compris à la Cathédrale et ils ont jeté des gaz lacrymogènes dedans et ils ont empêché les gens de célébrer la messe. C’est du jamais vu. C’est pour cela que j’ai du parler à ces gens, à faire cette déclaration parce qu’on était à la limite du tolérable. C’est des gens qui défilaient rien qu’avec des bibles, des chapelets et rien de plus.

Pour le pasteur et cardinal, vous vous posez la question de savoir comment on peut faire confiance à des dirigeants qui sont incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice et l’amour du peuple.

Monsengwo: Oui, tout-à-fait. On ne peut pas faire confiance à des gens qui sont incapables de protéger la population. On ne peut pas faire confiance aux gens qui font de la mystification qu’ils présentent comme étant des vérités véridiques. Et c’est à cause de ca que j’ai du faire cette intervention pour leur dire que les médiocres doivent dégager et que les gens qui sont capables de gouverner puissent gouverner le pays.

La liberté religieuse est un élément essentiel de l’état de droit et vous l’avez d’ailleurs répété aussi dans votre déclaration.

Monsengwo: La liberté religieuse est essentielle dans un état de droit. Si on touche à la liberté religieuse, toutes les libertés tombent. Et on ne peut pas avoir la paix dans le pays. On prétendait que nous travaillions avec des gens. mais nous avons cité tout un tas de faits. Le fait d’empêcher les chrétiens d’entrer dans les églises pour participer à la messe, le fait de poursuivre les gens pour voler l’argent de leurs poches, des appareils téléphoniques, la fouille systématiques des personnes et de leurs biens dans l’église, etc. Ce n’est pas normal. et on devait absolument réagir.

Est-ce que cette réaction ne constitue-t-elle pas une façon de faire taire l’Eglise puisque la voix de l’église dérange?

Monsengwo: Je suppose donc que c’est ça. On croit qu’on veut prendre le pouvoir. Mais le pouvoir politique ne nous intéresse nullement. Nous l’avons dit plusieurs fois. Nous voulons un Congo des valeurs et non un Congo d’antivaleurs.

Vous demandez aux uns et autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Est-ce que vous pensez que vous serez entendu?

Monsengwo: J’espère que je serai entendu parce qu’on ne peut pas ne pas entendre une voix de sagesse. On ne peut pas ne pas entendre une voix prophétique. Mais nous parlerons à temps et à contretemps. C’est pour cela que nous croyons qu’il était essentiel que nous puissions leur adresser cette parole, la parole du Seigneur, la parole de l’évêque et la parole du veilleur qui veille pour éviter le mal au peuple et pour arriver à les aider à marcher dans le droit chemin.

Radio Vatican

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