Mbusa Nyamwisi: L’instinct de rebelle refait-il surface?

Antipas Mbusa Nyamwisi, président national du RCD/KML.

Il n’y va pas avec la langue de bois. Dans une interview qu’il a accordée à Baudouin Amba Wetshi, de Congoindependant.com, Mbusa Nyamwisi est d’avis que Kabila, dont il peint le tableau en noir, ne partira pas du pouvoir de gré. “Un président qui n’a pas besoin d’être aimé”. Pour l’ex rebelle du RCD/KML, il faut envisager d’autres voies pour le faire partir. L’instinct de rebelle est-il en train de refaire surface?

Et Olivier Kamitatu est de cet avis: “Oui, Antipas! L’ennemi est bel et bien parmi nous! Il faut le chasser… (Ensemble nous devons forcer le destin)”.

C’est à peine que le chef de l’Etat disait “bonjour” aux membres du gouvernement… Nous passions, à ses yeux, pour des “employés”.

A l’issue des premières élections de 2006, Antipas Mbusa Nyamwisi a commencé à découvrir l’homme qui se cachait derrière le masque docile de Joseph Kabila. Il le décrit tel qu’il l’avait vécu: “Après les élections de 2006, le président pensait que le pays était devenu sa propriété. Il se considérait libéré de toutes les contraintes. Il n’écoutait plus personne. On a assisté à l’émergence des «réseaux parallèles». Un «gouvernement parallèle» a fini par ravir tous les pouvoirs. Après la hausse du cours du cuivre, on a assisté à la signature des « contrats chinois » en 2009. C’est à peine que le chef de l’Etat disait “bonjour” aux membres du gouvernement. Il était devenu très arrogant. Nous passions, à ses yeux, pour des “employés”.

Mbusa revient sur le regroupement politique “Forces du renouveau” qui comptait 25 députés à l’Assemblée nationale et constituait la deuxième force de la majorité.  après avoir fait un constat amer sur la gestion chaotique du pays, le regroupement avait préparé, à ce sujet, un memo destiné au président Joseph Kabila. Le 26 mai 2010, il les recevra à Kingakati. Etaient présents à cette rencontre Olivier Kamitatu, José Endundo, Modeste Bahati Lukwebo, Pierre Lumbi et d’autres. Après avoir pris connaissance du document, Kabila leur dit: “Si vous étiez des militaires, j’allais vous faire fusiller!”.

Mbusa interpelle l’opposition: “Nous devons aller vite vers un grand mouvement fédérateur. Dans le cas contraire, nous risquons de perdre ce pays… Nous avons intérêt à gagner ensemble plutôt qu’à sortir tous perdants.”

Antipas Mbusa Nyamwisi, qui connait bien Joseph Kabila, pour l’avoir côtoyé et travaillé avec lui, ne croit pas en sa bonne foi pour stabiliser le pays: “J’ai la conviction que le président Kabila ne rétablira jamais la paix au Congo. Et ce pour la simple raison qu’il a besoin de désordre politique pour pérenniser son pouvoir. Il va toujours allumer des foyers de tension comme il le fait actuellement.”

Kabila, un président qui n’a pas besoin d’être aimé

retrouvailles à Bruxelles entre Antipas Mbusa Ntamwisi et Olivier Kamitatu. A quoi faudrait-il s’attendre?

Mbusa pense qu’il est temps de changer des stratégie. “Il faut autre chose”, dit-il. Il pense qu’Il faudra “mener une réflexion tant au niveau des forces de l’opposition que de la société civile…”

Et d’ajouter: “Kabila s’en fout d’être aimé. Il compte sur les moyens coercitifs de l’Etat pour faire marcher la population au pas comme il le fait.” Il n’y a pas d’autres solutions que de “le faire partir…”

Comment? Lui demande Baudouin Amba Wetshi?  A cette question, Mbusa réplique: “Par tous les moyens! C’est pourquoi on doit lancer une vaste réflexion… Cette population (de Beni), a acquis la conviction que l’ennemi est parmi nous. Et qu’il faut le chasser. J’ai peur que le pays replonge d’où l’on vient si Joseph Kabila continuait à s’entêter.”

Replonger dans une nouvelle guerre? “D’ailleurs, il (Kabila), a déjà commencé la guerre contre notre population…”

L’instinct de rebelle est-il en train de refaire surface dans le chef de Mbusa Nyamwisi? Qui sait? Olivier Kamitatu a vite fait de saluer les Retrouvailles chaleureuses avec Mbusa Nyamwisi ! Après les Forces du Renouveau en 2006, à nouveau ensemble pour une grande coalition nationale en 2018!.” Tous les deux, d’ailleurs ont fait la rébellion contre Kabila père et fils.

“Une grande coalition nationale en 2018!” Avec un président hors mandat, illégal et illégitime, qui s’accroche au pouvoir par tous les moyens, ne peut-on pas s’attendre au pire dans les jours à venir en RDC?

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