Richard Muyej, le "super" gouverneur de la province du Lualaba avec plein pouvoir. Dieu au ciel et lui, au Lualaba.

On le prenait pour un homme de paille qui serait sous la coupe de son puissant et encombrant voisin de la province du Lualaba. C’est mal connaître Célestin Pande Kapopo, l’indomptable gouverneur du Haut-Katanga. Il n’est certes pas comme son prédécesseur Jean-Claude Kazembe. C’est tout de même deux zestes de moins.

Cette nouvelle se raconte à voix basse. Inutile donc de rehausser le ton car les murs ont des oreilles.

Selon ses propres dires, Richard Muyej prétend avoir tout fait pour que Pande Kapopo soit le gouverneur de la province du Haut-Katanga. Il croyait ainsi pouvoir diriger cette province par procuration. Lui, le gouverneur de la province la plus riche de la république. Le gouverneur des gouverneurs. Et pourquoi pas?

Ancien garde-civile sous Mobutu reconverti dans la territoriale, Pande Kapopo était responsable du protocole adjoint au gouvernorat de l’ex-province du Katanga avant de devenir député provincial. Pour Richard Muyej, il n’était ni plus ni moins qu’un gouverneur en carton qui ne lui arrivait pas à la cheville. Avec raison. Lui qui, avec ses  longs bras, a réussi à placer habilement dans le gouvernement provincial du Haut-Katanga sa protégée Stella Ilunga. La réciprocité relève de l’utopie, inimaginable. Par ses relations à Kinshasa, Muyej Mangeze Mans est dans le cercle réduit du pouvoir, le pré-carré. Il parle au président Joseph Kabila en personne, il est à tu et toi avec Kalev Mutond, Aubin Minaku, Mova Sakanyi, Evariste Boshab, Albert Yuma, Jaynet et Zoe Kabila, Nehémie Mwilanya, Me Norbert Nkulu, etc. Et Pande? Il compte, peut-être, parmi ses amis le tripatouilleur Joseph Kokonyangi de l’AFDC ou l’affairiste José Makila de l’ATD qui lui racontent des salades jusqu’à lui promettre le paradis sans confession. Faudrait-il encore que ces relations soient sincères.

Pande Kapopo, gouverneur au même rang que Muyej.

Beaucoup de racontars du genre sont parvenus aux oreilles de la “brute” gouverneur du Haut-Katanga qui voudrait se débarrasser de ses ministres “sous-qualifiés” comme… la protégée de Richard Muyej, parachutée au ministère provincial de l’Education, elle qui n’a pas pu décrocher dans sa vie un moindre diplôme et qui, par surcroît, parle un français approximatif. Ministre de l’Education, ça fait quand-même drôle! Pande projette déjà d’évaluer ses ministres pour en éjecter certains. Imaginez qui. Réponse du berger à la bergère.

Le 17 décembre, jour du départ à Goma pour la conférence des gouverneurs, Célestin Pande s’est permis de brûler la politesse à son puissant voisin du Lualaba. Le gouverneur du Haut-Katanga avait affrété un jet qui devait y amener les gouverneurs des provinces issues du démembrement de l’ancien Katanga. A l’heure du départ, tous étaient à l’aéroport. Sauf… Richard Muyej qui s’est permis de les faire poiroter pendant presque une heure. Impatient, Pande l’appelle. Il dit qu’il arrive. Juste le temps de régler une petite affaire, dit-il. 30 minutes après, toujours pas de Muyej. Le gouverneur du Haut-Katanga invite ses collègues présents à embarquer. A bord de l’appareil, il rappelle le “dieu” Muyej. Il ne décroche pas. Tant pis! Pande demande au pilote de décoller sous le regard hagard et apeuré de ses collègues. Quand, enfin, Muyej arrive à l’aéroport de Lubumbashi, il voit au loin l’avion disparaître dans les airs. Pande lui a manqué la politesse, à lui, le super gouverneur. Il n’est pas prêt à l’oublier et rumine impatiemment le jour de sa revanche.

A-t-on fait descendre la divinité de son trône? Le sacrilège se paie au prix fort. Mais Pande est loin d’être le moucheron qui va finir sa course dans une toile d’araignée.

 

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