Aguerri, endurci à l’art de défendre ses concitoyens, devenu énergique, physiquement et moralement, il ne se laisse pas facilement ébranler ni mener. Mgr Fridolin Ambongo, nouvel évêque coadjuteur de Kinshasa nommé par le pape François, sera le successeur du cardinal Laurent Monsengwo.  Dans ses habitudes, l’homme ne mâche pas ses mots. Il peut s’avérer, pour le pouvoir, plus redoutable que son prédécesseur. Surtout quand il s’agit de défendre le sort des opprimés. 

Inutile donc pour le pouvoir de se réjouir sur la nomination de Mgr Fridolin Ambongo. Loin de là, i ne sera pas leur tasse de thé. On se souvient encore de ses déclarations d’il y a une année: “Nous sommes sur le point de perdre un mois pour organiser les élections. L’accord devait être appliqué dès sa signature” Et de frapper du point sur la table: ” Si, d’ici samedi 28 l’accord d’application ne devait pas être signé, ce sera la fin”. Il n’a pas hésité de dénoncer “la mauvaise foi des hommes politiques” qui “met à dure épreuve notre patience de pasteurs”.

           “Le peuple congolais (…) ne pourra plus fonder son avenir, un avenir heureux, meilleur, sur ce genre de classe politique que nous avons aujourd’hui au Congo”.

En juillet 2017, il déclarait sur Radio Vatican: “Le peuple congolais a toujours compté sur la classe politique pour son avenir. Mais, le constat est là : un constat vraiment amer. Il ne pourra plus fonder son avenir, un avenir heureux, meilleur, sur ce genre de classe politique que nous avons aujourd’hui au Congo. S’il veut qu’il y ait un changement dans ce pays, c’est à lui de se prendre en charge, de se donner une nouvelle orientation pour son avenir et pour l’avenir de ses enfants. Dans la classe politique, heureusement on trouve encore quelques-uns qui se distinguent (…) On a l’impression qu’il y a un système qui s’est mis en place au Congo, qui broie les bonnes volontés, qui noie les efforts de ceux qui voudraient tirer le pays vers le haut pour que le pays continue sa descente aux enfers. Et nous ne pouvons pas rester bras croisés devant une situation pareille”.

Selon le Canon 403 du Code de droit canonique qui régit la nomination des évêques coadjuteur, ceux-ci bénéficient du droit de succession, autrement dit remplacent immédiatement l’évêque à qui ils sont adjoints après la démission ou le décès de ce dernier.

Agé de 57 ans, le nouvel archevêque coadjuteur de Kinshasa, a officiellement été présenté mardi. Il aura la tâche de prendre la relève du très influent cardinal Monsengwo qui, âgé de 79 ans, prendra bientôt sa retraite.

Ce dernier a expliqué que son coadjuteur évoluera à ses côtés au même titre qu’un évêque auxiliaire… “Mais avec droit de succession immédiate sur le siège de l’évêque dont il est adjoint après la démission ou le décès de ce dernier”, a-t-il tenu à préciser.

© La reproduction, même partielle, de nos articles strictement interdite sans l'autorisation préalablement écrite de la rédaction.
PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here